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Blanche Odin


  

Exposition du 25 mai au 30 octobre 2016

 

Blanche ODIN,

"La grande dame de l'aquarelle"

                                                                                        

    
  

 

Blanche Odin est née à Troyes en 1865. Nous savons peu de choses sur son enfance, mais sa correspondance nous apprend qu’en 1876, elle s’installe à Maubourguet avec sa mère et son père, petit rentier.

 Dès 1882, elle va étudier chaque année, quelques mois à Paris. Non à l’Ecole des Beaux-arts, puisque celle-ci est encore fermée aux femmes mais dans des ateliers ou des académies.

Blanche Odin réside à Paris, où elle ouvre des ateliers, 18 rue Sainte Beuve entre 1894-1895, Notre Dame des Champs entre 1900-1906 et de 1906 à 1939, rue du Vieux Colombier.

                                                       

Atelier de Blanche Odin, rue du Vieux Colombier à Paris, photo collection Musée Salies

 Dès 1888, elle accompagne régulièrement sa mère en cure à Bagnères-de-Bigorre. En 1889, Blanche vit en famille à Maubourguet où elle travaille et donne des leçons d’aquarelle à des élèves des environs. Elle envoie ses œuvres aux salons et c’est au cours de cette période qu’elle rencontre à Paris ses premiers succès.          Pendant ses séjours parisiens, elle travaille dans l’atelier de Mme De Cool, puis dans une Académie où elle étudie le dessin tous les après-midi.

                                                               

Blanche Odin, aquarelle, collection Musée Salies, photo de Didier SORBE

En 1894, elle écrit : « ce lundi soir 10 h ½ - J’ai eu juste hier le temps de poser cette date, pas davantage, car vous savez, je vous l’avais dit, c’était hier jour de mon exposition…Je vous l’ai dit : je venais de seulement poser cette date quand le monde a commencé à affluer ; je dis affluer et je dis bien, car depuis cette heure jusqu’à 5 h du soir la salle d’exposition n’a pas désempli...cette journée a été pour moi un triomphe véritable sous tous les rapports. … »

En 1895, Blanche est à Paris en ce début d’année lorsqu’elle apprend la mort de son père. Elle rentre alors à Maubourguet auprès de sa mère.

Blanche Odin, dessin faisant partie d'un carnet de croquis, collection Musée Salies, photo Musée Salies

 

En 1896, Blanche Odin rencontre Madeleine Lemaire, aquarelliste célèbre. Elle sera présentée à des écrivains, en quête d'illustrateur. 

Blanche aura plusieurs commandes pour illustrer des ouvrages ; nous en connaissons aujourd’hui deux,  les « Contes Blancs », (1900), et sur « les Pentes de l’Arez », (1911). C’est sur la demande de l’écrivain Jules Lemaitre en 1899, que Blanche Odin va illustrer les « Contes Blancs ». Ce livre est tiré en deux cents exemplaires pour les Bibliophiles Indépendants. Il renferme trois contes : La cloche, la Chapelle Blanche et le Mariage Blanc, aquarellés par Blanche Odin ; planches de fleurs, paysages et animaux entourent les contes. La  seconde moitié du livre est très pédagogique et originale, elle est réservée aux aquarellistes  qui pouvaient peindre des planches vierges simplement surlignées, ne demandant qu’à être coloriées.

 

                  

 

     

Contes Blancs de Jules Lemaitre, illustrés par Blanche Odin, édition de 1900

En 1900, année de l’exposition universelle, Blanche a 35 ans. En ce début d’année, ses succès sont nombreux, elle est connue, reconnue dans les milieux artistiques et littéraires. Ses œuvres sont reçues à l’Exposition Universelle et elle est admise au salon en mars, elle expose au salon des Femmes peintres. Elle y vend 6 aquarelles.

Elle écrit de Paris le 28 décembre 1902

« Moi, je vais très bien et j’ai tout le travail que je désire. Mes élèves, nombreuses, sont très gentilles et me le montrent de toute façon ; je les aime donc bien et, malgré le peu de temps qu’elles me laissent, je serais privée si je ne les avais plus. »

Le 21 février 1904, elle reçoit un diplôme de médaille d’or à l’exposition nationale d’Argenteuil. La vie de Blanche se partage désormais entre Paris et Maubourguet. De nombreux diplômes conservés par le Musée Salies attestent son travail assidu et son talent.

 

             

Diplômes : médaille vermeil 1902, collection Musée salies

 

  De 1902 à 1916, l’artiste dans ses moments de flânerie à Maubourguet a su capter des petits instants d’intimité où paysages, scènes animalières et quelques portraits sont bien observés, instants aimés par l’artiste, petits coup de cœur chargés d’émotion peints dans des gammes chromatiques pastels. Pendant la période de la première guerre mondiale il existe aussi des sujets religieux d’inspiration symboliste d’où se dégage une grande tristesse  comme « le cimetière de Maubourguet ».

 

                                                                    

Blanche Odin, Cimetière de Maubourguet, collection Musée Salies, photo de Didier SORBE

De plus, trois aquarelles seront achetées par le Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts entre 1905 et 1909 pour la somme de 250 francs or.

C’est dans les années 1925 que les premières aquarelles à la palette vive apparaissent notamment les « Roses variées », aquarelle achetée par l’Etat en 1927, pour la somme de 3000 francs.

 

                                                           

Blanche Odin, Roses variées, collection Musée Salies, photo de Didier SORBE

L’arrière plan de ces aquarelles présente une tenture de tissus à décor floral, ou un rideau drapé, les bouquets s’épanouissent dans différents modèles de vases transparent, en terre, en faïence ou porcelaine chinoise. Les fleurs sont éclatantes, l’artiste maîtrise l’eau et les couleurs.

Dans les années 1934 et jusqu’à la fin de sa vie, l’artiste jouera sur un arrière plan à fond neutre. Le grain torchon du papier créera une sensation poudreuse, tout ceci par la magie d’une superposition de pigments et d’eau.

Elle s’installe définitivement au 6 rue Gambetta à Bagnères-de-Bigorre, en 1934, tout en continuant d’exposer à la galerie Georges Petit à Paris.

En 1938, sur la demande de sa mère, elle offre à la ville de Bagnères de Bigorre, 48 aquarelles, que nous pouvons admirer aujourd’hui au Musée Salies.

 De 1934 à 1957, les Bagnérais, curistes, touristes ont le souvenir de cette petite dame qui peignait devant sa fenêtre, rue Gambetta…

                                                                          

Blanche Odin à la fin de sa vie avec Ty-Chou

Nous pouvons affirmer que jusqu’à la fin de sa vie, Blanche Odin peindra, plus particulièrement à certains moments de la journée, pour obtenir une meilleure luminosité, puisque ses pauvres yeux étaient usés de ce « labeur » de toute une vie.

En effet, ses yeux avaient vu tant d’intensités de couleurs qu’à la fin du quatre vingt douzième été, ils avaient de grandes difficultés de concentration.

Blanche Odin, notre muse de l’aquarelle meurt à Bagnères de Bigorre le 3 Août 1957. Parmi toutes ses fleurs qui lui ont été commandées, elle restera l’unique, la seule force de couleur, le seul parfum, elle est l’Essence même de ses œuvres.

Paul Cardeilhac dans son éloge sur Blanche Odin, pour le dixième anniversaire de sa mort en 1967, parle de ses fleurs : « La fleur symbole de pureté, jeunesse, splendeur et délicatesse, à tout moment nous ravit, nous console. Elle est dit le poète : la fille du matin, le charme du printemps, la source des parfums. », le temps d’un rêve.

Blanche Odin est cet insaisissable papillon, qui nous envoie cette poudre de pigments plein les yeux, elle  est cette indéfinissable séductrice qui nous enveloppe dans le monde du rêve.

 

                                                               

Blanche Odin, Roses sur l'eau, collection Musée Salies, photo de Didier SORBE

Pour rendre hommage à  Blanche Odin et Ulpiano Checa, un catalogue présente deux artistes de la fin du XIXè, passionnés par les oeuvres sur papier : fusain, crayon de couleur, lavis sépia, encre de chine, brou de noix, aquarelle sont à découvrir dans cette édition 2012, en vente au Musée Salies :

Blanche Odin, Ulpiano Checa, La Rencontre, 1890-1916. Musée Salies-Bagnères-de-Bigorre - 25€ + 4 euros frais d’envoie en France ou Europe : Belgique -Deutsche Land- España, Italia... (chèque libellé à l'ordre du Trésor Public).

 

 

Naissance et reconnaissance d'un talent, présentation sous la forme d'un dvd, d'une correspondance privée, retraçant l'évolution de Blanche Odin de 1888 à 1904 - 15€ + frais de port 2€ (réglement à l'ordre du Trésor public).

 

 

 

 

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