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Collection orientaliste


PRESENTATION DE LA COLLECTION

DES ORIENTALISTES

DU MUSEE SALIES

  ATTENTION CETTE ANNEE LA SALLE EST DEMONTEE EXCEPTIONNELLEMENT

                                                                                                           BACCUET (Prosper)

                                                                                                      (Paris 1798 - Paris 1854)

 

Elève de Watelet, il expose régulièrement au Salon dès 1827, puis en 1830 il accompagne l’expédition scientifique en Morée.  A son retour il peint de nombreux sites grecs.  De 1845 à 1852, il expose quelques paysages espagnols, italiens et des vues des régions d'Afrique du Nord. De 1844 à 1867, il est chargé d’une exploration scientifique en Algérie afin d’étudier le paysage.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

                                                                                                    VUE DE CONSTANTINE, PRISE DE SALAH-BEY

                                                                                                               (Maison de campagne du Bey), Algérie 1841

                                                                                                                                Huile sur toile - châssis fixe

                                                                                                                                         H 0,26 m - L 0,33 m

                                                                                                               Toile signée et datée de 1841 en bas à droite

                                                                                                                      Provenance : don Jubinal en 1853

                                                                                                                                   N° Inventaire : 853-1-47

 

Constantine devint le but de voyage des artistes qui regrettaient l’européanisation d’Alger et savaient trouver là une vie arabe préservée dans  toute son authenticité.

Théophile Gautier s’exclamait en 1845 : « Quelle hallucination de ville orientale…se soutiendrait à côté de cet étonnant nid de maisons, perché sur un rocher de huit cent pieds de haut, et faisant onduler sous l’aveuglante lumière du Midi, l’océan de tuiles de ses toits… »

 

Et Maupassant, qui ne découvrit pourtant la ville qu’en 1881, écrit :

« Et voici la cité phénomène…elle domine des vallées admirables, pleines de ruines romaines, d’aqueducs aux arcades géantes, pleines aussi d’une merveilleuse végétation. Elle apparaît debout sur un roc, gardée par son fleuve comme une reine… »

 

     L'artiste a su capter un lieu pittoresque, vue de Salah-Bey, maison de campagne du Bey. Il a dû s’aider de carnets de voyage, comme le faisait Delacroix et bien d'autres artistes de cette époque.

Cette esquisse, à touches légères, mais non dénuée de rigueur, présente deux lignes de force : les palmiers formant une verticale dynamique répondent à l’horizontalité de l’ensemble du paysage. L'artiste réussit à rendre la fraîcheur de cette oasis.

 

 

 

CHASSERIAU (Théodore)

 (Né à Sainte-Barbe de Samana, Saint-Domingue en 1819-Mort à Paris  en 1856)

            Théodore Chasseriau est né aux Antilles près de St Domingue, d'un père français et d’une mère créole. Sa famille revient en France en 1822 et s’installe à Paris. Artiste  très précoce, il rentre dans l’atelier d’Ingres en 1831. Il expose pour la première fois au Salon de 1836, obtenant une médaille de 3ème classe. En 1837 il visite Lille, la Belgique et la Hollande, en 1840 l’Italie où il retrouve Ingres à qui il commence à reprocher de ne pas être ouvert aux idées modernes et au changement, puis en 1846 il visite l’Algérie.

       Portraitiste, peintre de déesses, nymphes, de scènes bibliques et orientales. Il obtient très tôt de nombreuses commandes pour des églises ou des édifices publics : le décor de l’escalier de la Cour des Comptes est achevé en 1848 (détruit en 1871, fragments au Louvre). Il obtient du Ministère de l’intérieur en 1852 la commande du décor de l’abside de l’église Saint Philippe du Roule. Il achève ce vaste chantier en 1855. Il vient d'obtenir en 1854 la commande par la ville de Paris, de la décoration murale de la chapelle des fonts baptismaux à l’église Saint-Roch.

       A l’exposition universelle de 1855, où il reçoit une 2ème médaille, il envoie une importante participation comprenant la défense des Gaules par Vercingétorix et Suzanne surprise par les vieillards ; le frère de l’artiste propose de les céder à l’Etat, quelques semaines après la mort prématurée du peintre.

 

SAINT- FRANÇOIS-XAVIER BAPTISANT LES INDIENS

Huile sur toile – châssis à clé

H 0,81 m - L 0,43 m

Toile signée et datée de 1854, en bas au milieu

Provenance : don Jubinal en 1864

N° Inventaire : 864-1-182         

                                                                          Esquisse d'une des fresques décorant la Chapelle du Baptistère de l’église Saint-Roch à Paris en 1854.

 

        Chasseriau  a choisi un sujet à la gloire des missionnaires dans un exotisme XIXe ; Saint- François-Xavier apôtre des Indes et du Japon (1506 Pampelune - 1552 Canton), appartenait à l’ordre des Jésuites et c'est en 1541 qu’il partit pour les Indes Orientales convertir les «infidèles».

Au premier plan, les indiens à genoux reçoivent le baptême ; au milieu Saint-François entouré de deux diacres baptise les indiens. C’est une étude pour la fresque comme le montre les touches rapides et franches qui caractérisent cette technique. Les deux notes colorées sont des complémentaires. L’artiste créole va se révéler ici, un coloriste puissant épris de soleil et de mouvement.

       C’est une composition en triangle ascendant, la croix formant le haut, sa base est représentée par les païens courbés dans l’obscurité et le monde matériel comme l’atteste la richesse du costume.

       Saint-François sert d’intermédiaire entre le monde matériel dit « sensible » et le monde de la lumière spirituelle ou tout simplement du monde « intelligible », rappelant le fameux mythe de la caverne de Platon.

 

 

 

COSSMANN (Herman, Maurice)

­(Berlin 1821 - Paris 1890)

Il étudie dans l’atelier d'Eugène Lepoitevin.  Il commence à exposer au Salon de Paris en  1845, date où il obtient la nationalité française.

 

PORTRAIT DE LA MALIBRAN

dans le rôle de Desdémone

Huile sur toile - châssis à clé

H 1,31 m - L 0,99 m

Toile signée en bas à gauche

Provenance : don Jubinal en 1864

N° Inventaire : 864-1-167

 

     Jusqu’à la fin du XVIIe siècle seules les relations commerciales liaient l’Orient  et  l’Occident, en particulier par les comptoirs de Venise qui détenaient le quasi monopole du commerce avec l’Empire Ottoman.

Les charmes de la ville de Venise nous présentent une symbiose entre l’art d’Orient et d’Occident. Herman Cossmann peint Desdémone dans un décor architecturé Vénitien.

 

      Il s'agit là du portrait de La Malibran, (Maria de la Felicidad Garcia), célèbre cantatrice, née à Paris en 1808, morte à Londres en 1836.  Elle débute en 1825 à l'opéra italien de Londres, puis épouse en 1826 un banquier nommé Malibran.  Deux ans plus tard, elle vient à Paris où elle se fait entendre successivement à l'Opéra et au Théâtre  Italien.  C'est en effet le rôle de Desdémone qui a valu à La Malibran un grand succès de 1828 à 1831 dans l'opéra Otello de Rossini.  Elle réunissait les deux voix de soprano et de contralto et excellait autant comme tragédienne que comme cantatrice.

      Le portrait correspond au goût bourgeois de l'époque : peinture flattant  le modèle par la profusion de détails (petite grecque rouge brodée de perles, mousseline légère de la robe...). Les cheveux défaits de notre héroïne suggèrent qu'il s'agit de l'épisode du coucher fatal de Desdémone (Otello va l'étrangler sur son lit).

 

CURZON (Paul Alfred de)

(Le Moulinet à Vienne 1820-Paris 1895)

 

Elève de Droling, il entre en 1840 à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, mais peu intéressé par l’étude de la figure, il choisit en 1841 de suivre l’enseignement du paysagiste Cabat. Il visite une première fois l’Italie en 1846-1847 avec son ami Brillouin et s’intéresse plus à la nature qu’aux musées.  Ayant été classé second en 1849 au concours de Rome pour le paysage historique (Mort de Milon de Crotone), il obtient néanmoins sur demande de l’académie de bénéficier pendant 4 ans de la pension à la Villa Médicis.  Pendant ce séjour, il visite l'Italie et en 1852 la Grèce.  Il exposait déjà au Salon dès 1843 et il reçoit en 1857 une médaille de seconde classe, et en 1867 il obtient à l’Exposition Universelle une troisième médaille.  Il a traité tous les genres, mais il est surtout célèbre pour ses paysages de Grèce, d'Italie et ses scènes de genre italiennes. Son fils, Henri de Curzon, publia en 1916 une biographie accompagnée de la correspondance de l’artiste et du catalogue de son œuvre.

 

UN RÊVE DANS LES RUINES DE POMPÉI

Les ombres des anciens habitants reviennent visiter leurs demeures

Huile sur toile - châssis à clé

H 0,71 m - L 1,04 m

Toile signée et datée de 1866 en bas à droite

Exposition : toile exposée au Salon de 1866, sous le N° 477 à Paris

Provenance : don de Mme Duruy (fille d'Achille Jubinal), en 1877, en souvenir de sa mère. Antérieurement cette toile appartenait à M. Philippe de Saint-Albin, oncle de Mme Duruy.                            

N° Inventaire : 877-12-146

 

L’artiste fait un voyage en Italie en mai 1851, et décide d’aller jusqu’à Pompéi en août. Il situe de façon très fidèle les ruines de Pompéi, et représentant « La maison du faune », il fait vivre ce lieu à l’aide de personnages.

Un poète drapé dans une grande tunique, assis, nous regarde, en étant très pensif, et nous présente les figures antiques qu’il est en train d’imaginer.

Notamment, un vieillard à droite vêtu de blanc semble parler du Vésuve fumant en le  désignant de sa main.

On peut noter l’éclairage nocturne, le ciel étoilé et le clair de lune illuminant cette statue centrale au visage féminin, au corps de lion, entouré de belles ailes déployées de griffon, appelé dans la mythologie grecque : sphinx.

Il nous regarde et formule son impitoyable question…

Les paons représentent ici le symbole de l’immortalité plutôt que  le signe de vanité.

La toile rigoureuse est rythmée par de nombreuses lignes droites, liées aux colonnes ou à des éléments architecturaux ce qui accentue le monde réel.

En revanche les personnages sont rendus comme des êtres fantastiques, car ils ne sont que des ombres…

Il est certain que la cité romaine sous les cendres du Vésuve, exhumée au XVIIIe, provoque une nostalgie toute particulière.

 

Théophile Gautier comprend bien la démarche de Curzon et écrit : « Quant on parcourt la ville..., l'esprit le plus positif se livre naturellement à ce genre d'évocation.  M. de Curzon dessine les monuments comme un architecte et les adore comme un peintre.  Il a fait aussi très bien les figures et son rêve a un aspect à la fois fantastique et réel ; fantastique par les personnages qui ne sont que des ombres ; réel par l’architecture qui a la solidité de la chose vraie. »

 

 

DEHODENCQ , Edouard, Alfred, Alexis

(Paris 1822 - Paris 1882)

 

Fils d'officier, l'artiste entre à 17 ans dans l'atelier du paysagiste Léon Cogniet et suit des cours à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il débute au Salon de 1844 en présentant trois toiles. Blessé lors de la révolution de 1848, l'artiste se fait soigner à Barèges ; de là il gagne l'Espagne, (Madrid où il est marqué par l'œuvre de Velasquez et plus encore par Goya dont il subit l'influence), puis en 1853 il se rend au Maroc. Dehodencq est fortement impressionné par la lumière, les couleurs du Maroc et les pratiques des habitants de ce pays. N’a-t- il pas déclaré : « J'ai cru en perdre la tête », en découvrant ce pays auquel il allait s'attacher si passionnément.

 

LA JUSTICE DU PACHA

Huile sur toile - châssis à clé

H 1,62 m - L 1,32 m

Toile signée et datée de 1866 en bas à droite

Exposition : toile présentée au Salon de 1866 sous le N°524

Tableau acquis à ce Salon pour 2.000 Francs

Provenance : Envoi Etat en 1867

N° Inventaire : transfert définitif de propriété à la ville de Bagnères de Bigorre, arrêté du ministère de la culture du 16 octobre 2006.

      

       La cloison architecturale à l’arrière-plan se referme sur le spectateur qui est pris au piège dans un huis clos à deux issues étroites, suggérées par le peintre.  Il se trouve confronté à une scène de tous les jours.  Les trois parties de cette toile sont figurées par les couleurs primaires et l’action est rendue par des lignes de force en diagonale.  La transition entre le spectateur et cette scène mouvementée s'effectue à l’aide des babouches et de la canne jetées devant nous.  Ces objets sont un pont jeté entre le visiteur et les protagonistes pris dans leur détresse (regard éploré de la vieille femme, lourdeur du corps du prisonnier causée par le poids de ses fautes ?

       Il faut tout de même souligner que le côté tragique de la scène est renforcé par une composition de diagonales et de triangle inversé.  Plusieurs dessins préparatoires pour cette toile sont conservés au Musée d'Alger, du Louvre et dans des collections privées. 

       Dehodencq se considérait comme le dernier des romantiques.  Mais en dépit de son goût pour le mouvement, le drame, la violence, le soin qu’il a porté à rendre chaque visage et la précision minutieuse de chaque personnage dans les scènes de foule le rangent parmi les réalistes du milieu du siècle.

 

Bibliographie :

Catalogue d'exposition: les peintres orientalistes 1850 - 1914

Catalogue d'exposition : l’art en France sous le Second Empire au Grand Palais du 11 Mai au 13 Août 1979 - Paris.

 

FRERE, Théodore

(Paris 1814-1888)

 

Elève de Jules Coignet et Camille Roqueplan, il étudie le portrait et le paysage. Il voyage à travers la France puis expose pour la première fois  au salon de 1834, une vue de Strasbourg.

Un voyage en Algérie en 1837 transformera l’artiste impressionné par les paysages ensoleillés et les scènes de la vie quotidienne. Il expose son premier sujet orientaliste au Salon de 1839. En 1851, il découvre Malte, la Grèce, la Syrie, la Palestine et l’Egypte. Par la suite, le gouvernement Egyptien lui confère le titre de « Bey » et l’artiste a  son propre atelier au Caire. Il participe aux Expositions Universelles de Paris de 1855, 1867, 1878 et envoie des œuvres aux Salons jusqu’en 1887. Son succès incita de nombreux artistes à peindre ces paysages orientaux sublimés.

 

 

ENVIRONS  DU CAIRE

Huile sur bois-Châssis fixe

Signée en bas à gauche

H : 0,22 m – L : 0,31m

      Provenance : don Justin DALEAS

N° Inventaire : 923.24.112

 

     

 

VUE  DU CAIRE

Huile sur bois-Châssis fixe

Signée en bas à gauche

H : 0,35 m – L : 0,21m

Provenance : don Justin DALEAS

N° Inventaire : 923.24.189

 

On retrouve chez Théodore Frère la caractéristique « carte postale » qui a fait le succès de l’Orientalisme. Mais il réussit à dépasser le côté anecdotique pour fournir au spectateur des vues saisissantes de lumière et d’authenticité. Spécialiste dans la représentation des caravanes, déserts, oasis, de l’atmosphère feutrée de campement, il est le maître de la couleur et de la lumière, il est un des artistes favoris des passionnés d’Orientalisme.

 

LA CARAVANE,

Souvenir du désert

Huile sur papier, marouflé sur toile, châssis fixe

H 0,18 m - L 0,28 m

Toile signée en bas à droite

Provenance : don Jubinal en 1864

N° Inventaire : 864-1-107

 

 

       Une caravane rencontre notre regard, les dromadaires et l’âne se suivent, avançant sur le sable légèrement ondulé, créant le rythme nonchalant des bêtes marchant dans le désert.

Les couleurs contrastent sur le doux corps des animaux ; touches de rouge, bleu les habillent.

      Une mer de sable bleutée s’offre à notre regard émerveillé par cet instant magique où le soleil se cache derrière une masse de nuages épais aux formes mystérieuses, s’amusant à bouger dans le ciel.

Cette toile est une très belle invitation au voyage.

 

 
GUDIN, Théodore

(Paris 1802, Boulogne sur Seine 1879)

 

Elève de Girodet puis de Gros, il est nommé peintre de la Marine et accompagne l’expédition d’Alger en juin 1830. Ses tableaux exposés dès le Salon de 1831 enthousiasment le public et la critique. Dans son atelier, se forment de nombreux peintres de marines. Ces artistes voyageurs campaient volontiers dans des tentes de nomades sur les plages afin de pouvoir capter « l’infiniment grand » de la mer et ses horizons lumineux.

 

 

LES DARDANELLES

Aquarelle

Signée et datée de 1838 en bas à droite,

Dédicacée à mon ami Jubinal, 1854

H : 0,22m – L : 0,37m

N° Inventaire : 854.1.488

Provenance : don Jubinal en 1854

 

 

LAINNÉ, Adrien

Elève de Gudin, il expose aux Salons de 1835 à 1861.  Il a été Attaché au Ministère de la Marine. 864-1-65

 

VUE D’ALGÉRIE

Vue de la baie d’Alcen, depuis la Bouzeneah

Vue prise de la mosquée Sidi Abd-er-Rhamane

Huile sur toile - châssis à clé

H 0,42 m - L 0,58 m

Toile signée en bas à droite

Provenance : don Jubinal en 1864

N° Inventaire : 864-1-69

 

      Ces deux toiles font partie du courant « carte postale » de l’Orientalisme, faisant référence à Frère pour les bleus saturés des ciels, mais la volonté d’exotisme est doublée ici d’un souci naturaliste dont la preuve est donnée par l’inventaire botanique précis qui n’est le fait, ni du hasard, ni du rêve.

 

                                                                         

LAURENS, Jules

(Carpentras 1825 - St Didier Vaucluse 1901)

      Né dans une famille d’artistes, Jules Laurens étudie à l’école des Beaux-Arts de Montpellier.

Il travaille pour Baudouin, peintre de décors au théâtre municipal, avant d’aller étudier à Paris avec Paul Delaroche.

      De 1846 à 1849, il a la chance d'accompagner en tant que peintre, le géographe français Xavier Hommaire de Hell, dans sa mission scientifique, géographique et historique en Turquie puis en Perse.

Ce voyage devait avoir une influence décisive toute sa vie ; en effet il exécutera plus de mille dessins lors de ce voyage. Ses esquisses lui serviront de base pour la réalisation de ses toiles, une fois le confort de l’atelier retrouvé. Dès son retour en France, il reçoit de nombreuses commandes et illustre, entre autre l'Atlas du Voyage en Turquie et en Perse.

 

L'HIVER EN PERSE

Huile sur toile - châssis à clé

H 1,14 m - L 1,89 m

Toile signée en bas à droite

Provenance : don Jubinal en 1870

N° Inventaire : 870-1-198

 

Le bâtiment que l'on voit en arrière-plan à gauche est un caravansérail. La  construction du milieu permettait jadis d'accumuler l'eau pendant l'automne et l'hiver ; l'eau gelait dedans, et on récupérait la glace pendant l'été.

Ces hôtelleries pour les caravanes étaient assez austères et souvent éloignées de la ville ou des villages. Vu la neige, on peut présumer que ce caravansérail se trouve sur la route de Tabriz-Téhéran, ou  sur la route Téhéran-Ispahan (centre de l'Iran).

Voyager en Perse en hiver est une épreuve pénible : le voyageur y trouvait un vent glacial et cinglant, le risque d'attaque par des brigands était réel, le confort sommaire voire inexistant...

Laurens a saisi un moment particulier lors de son voyage en Perse. Il fait ressentir les différents volumes grâce au  manteau neigeux blanc, qui contraste avec les rochers et l’architecture couleur terracota.

Ce tableau constitue un exemple rare de paysage orientaliste sous la neige. Le peintre est fasciné par les pays qu'il visite et préfère peindre ce qu’il voit, plutôt que de retenir intentionnellement des thèmes exotiques destinés à plaire au public.

                                                                                                         

 

PINELLI , Auguste de

(Né le 29 Juillet 1823)

 

      Elève de Paul Delaroche, et de Claudius Jacquand ; il suit des cours à l'Ecole des Beaux Arts et figure aux Salons de Paris de 1844 à 1878. 

Il obtient la mention honorable en 1863.

 

LE TURC

Huile sur bois, signée en bas à gauche

H 0,21 m - L 0,17 m

Provenance : don Jubinal en 1853

N° Inventaire: 853-1-202

 

La diagonale formée par le personnage de trois quarts renforce son attitude détendue. L’artiste a créé plusieurs contrastes : la richesse du vêtement s'oppose à la vibration du mur à l'arrière plan, puis le corps décontracté, se heurtant sur le manche du yatagan, exprime une force puissante.

Il existe une recherche de réalisme dans l’attitude et l'expression du personnage.  Ce réalisme simple renforce la fierté du Turc.

L'artiste, n'aurait-il pas considéré les climats rendus par Rembrandt, mais aussi Courbet ? Ce portrait correspond à l’orientalisme imaginaire, le petit meuble à gauche n'a rien d'oriental, il est néo-gothique.

Nous sommes dans une douce rêverie orientale.


 

VIGNERON Pierre Roch

Vosnon, 1789 - Paris, 1872

 

Peintre et lithographe, Pierre Roch Vigneron fut l'élève de Joseph Roques, à Toulouse, de Pierre Gautherot et du baron Gros, à Paris. Il entre à l'École des Beaux-Arts en 1814 et expose au Salon de 1812 à 1831.  Il reçoit la médaille d'or au Salon de 1817. Plusieurs de ses tableaux ont été gravés par Jazet.  Spécialiste de  portraits d'acteurs et d'actrices célèbres, il exécute un portrait de Talma dans le rôle de Léonidas, exposé au Salon de 1828. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il épouse Uranie Gautherot, fille de son maître, dont il aura une fille, Marie Mira Vigneron (1817-1884), elle-même portraitiste.

 

LA PRISE DE MISSOLONGHI

Huile sur toile 

H. 0,97m-L. 1,30m

Provenance : don Jubinal au musée Salies en 1858

  Inventaire : 858-1-615

 

Cette toile serait l'esquisse d'un grand tableau commandé par le duc de Choiseul. Cette œuvre, dans son inachèvement, montre le travail de composition de l'artiste. Le dessin, très ferme, cerne d'un trait puissant les différents acteurs aux positions héroïques. Les attitudes nous font penser à la création d'un groupe sculpté, et non d'une scène prise sur le vif.  La technique est d'inspiration néo­-classique, l’œuvre commençant avant tout par un dessin extrêmement architecturé au moyen de traits de construction précis. 

La peinture ébauchée nous donne une idée de la répartition des masses ; cette peinture à la croisée du Néo-classicisme et du Romantisme fait preuve d'un académisme d'école rappelant le travail rigoureux de David.

            Plus que la prise de Missolonghi et le massacre de ses habitants, abondamment commenté dans la presse de l'époque et encore très présent dans les esprits, puisque la ville fut prise en mai 1826 et le tableau signé de 1827, c'est l'allégorie de la lutte des Grecs pour une liberté dédiée à Dieu, plutôt qu'un événement précis, qui est ici évoquée. Certes, le paysage du fond laisse entrevoir une côte découpée figurant la situation maritime de la ville, mais on peut noter l'absence de tout caractère anecdotique. On peut aussi remarquer que les Turcs envahisseurs ne sont pas montrés, même de façon allusive.  Nous sommes au cœur d'un combat pour la foi et les participants sont prêts au martyre.  Le personnage central, seul entièrement achevé, tend son bras en arrière dans un geste de protection envers la femme au labarum, devenu le symbole de la lutte des Grecs orthodoxes contre les Turcs musulmans. Tout son être exprime la détermination, l'élan. C'est un Grec vêtu de la célèbre fustanelle. Derrière lui, un homme armé d'un sabre se retourne et lève une dernière fois ses regards vers le labarum pour y puiser l'ultime courage. À terre, un blessé tente de se soulever, les yeux levés lui aussi vers la croix.

Très imprégnée de classicisme, cette étude montre une sublimation de la douleur, une détermination dans le sacrifice pleine de vigueur et de mouvement.  La chute de Missolonghi, ressentie si intensément par tous les intellectuels européens, trouve ici sous le pinceau de Vigneron une expression représentative de l'engagement d’une lutte devenue pour eux emblématique.

 

L’ETHNOGRAPHIE

 

Alexandre Roubtzoff, né en 1884 à Saint-Pétersbourg, nous propose un regard différent des artistes de 1830. L’artiste quitte Saint-Pétersbourg, son pays natal, pour Tunis en 1914, qui devient un an plus tard sa terre d’adoption.

Sur le terrain, peintre ethnologue en quête de vérité et non de la vision exotique du XIXe, il se fera l’interprète fidèle de la femme.

Il n’est pas intéressé au stéréotype de l’odalisque orientale indolente de la première moitié du XIXe.

Il se passionne pour les scènes de la vie quotidienne qui mettent l’accent sur le costume et l’attitude des modèles : tatouages, bijoux, études.

Il est soucieux de restituer un orientalisme authentique : ses  modèles expriment leur réalité.

                                                                                                                                           

ROUBTZOFF, Alexandre

(Saint-Pétersbourg 1884 -1949 Tunisie)

RUE DU MINARET DE TEBOURSOUK

Huile sur toile, marouflée sur carton

Signée, datée de 1915 novembre en bas à droite

H : 0,37 m – L : 0,28 m

  Inventaire : 001.54.50

Provenance : don de l’association artistique Alexandre ROUBTZOFF, juillet 2001

 

 

                                                                                                      

 

PUITS A HAMMAMET

Huile sur toile, marouflée sur carton

Signée, datée en bas à droite

Hammamet 21 février 1948

H : 0,235 m – L : 0,375 m

  Inventaire : 001.55.51

Provenance : don de Germaine et Gaston BOGLIO,

juin 2001

 

La touche impressionniste permet à Roubtzoff de retranscrire la lumière, créant ainsi une vibration colorée. On s’est éloigné de la peinture « carte postale » aux bleus acides, l’artiste capte par ses touches libres, cette lumière tunisienne qui a dû tant le séduire.

 

 

ROUBTZOFF, Alexandre

(Saint-Pétersbourg 1884 -1949 Tunisie)

 

LA VIEILLE ALIA FILANT LA LAINE

Dessin au crayon noir et fusain sur papier

Signé et daté 1925 novembre en haut à gauche

Annoté en arabe en bas à droite

H : 0,625 m – L : 0,48 m

N° Inventaire : 001.54. 52

Provenance : don de l’association artistique Alexandre ROUBTZOFF, novembre 2001

 

Alia, bédouine que Roubtzoff a prise pour modèle pour de nombreux fusains, est immortalisée à jamais par le trait d’un dessin vif et saisissant. L’artiste réussit à capter cette femme dans son labeur et la réalité de sa vie quotidienne, mais au-delà de ce visage marqué par le soleil, portant le poids des années, Roubtzoff  révèle son âme.                                                                                              

                                                                                                                                     

 

ETUDE DE PORTEUSE D’EAU

Mounjia

Dessin au crayon et étude aquarellée

Signé, daté du 23 janvier 1944, Tunis

H : 0,235 m – L : 0,375 m

Provenance : don Hélène Etcheverry, mai 2007

  Inventaire : 007.55.1608

 

 

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